recherche et traitements FSHD

EPI-321, del-brax, DYNE-302, SRP-1001… Les derniers mois ont été particulièrement riches en actualités dans la recherche sur la FSHD. Plusieurs approches visant DUX4 avancent désormais en clinique, tandis que de nouvelles études permettent de mieux comprendre les différents profils de la maladie. Voici les principales informations que le groupe d’intérêt FSHD partage avec vous en ce mois d’août 2026.

EPI-321 : un premier signal encourageant sur le volume musculaire

Epicrispr Biotechnologies a annoncé de nouvelles données intermédiaires concernant EPI-321, sa thérapie d’édition épigénétique destinée à remettre DUX4 sous silence.
Six mois après le traitement auprès de trois premiers patients, le volume de muscle maigre mesuré par IRM a augmenté en moyenne d’environ 370 mL. Les trois patients ont présenté une augmentation, certains muscles affichant jusqu’à 15 % de gain de volume musculaire maigre. D’autres signaux favorables avaient également été rapportés sur certains paramètres de force et de fonction, ainsi que sur un biomarqueur lié à DUX4.
Ces résultats sont intéressants, mais ils restent très préliminaires : trois patients seulement sont concernés par ces données à six mois et l’essai de phase 1/2 est ouvert, sans groupe placebo. L’étude compte désormais 12 participants traités. De nouvelles données sont attendues lors du congrès de la World Muscle Society en septembre 2026.

Sources : Epicrispr Reports First Clinical Evidence of Increased Lean Muscle Volume in Patients with FSHD Following Treatment with EPI-321, 26 juin 2026 ; essai clinique NCT06907875, ClinicalTrials.gov.

Del-brax : des biomarqueurs positifs pour Novartis

Autre actualité importante : Del-brax, initialement développé par Avidity Biosciences et désormais porté par Novartis. Ce traitement vise à réduire l’expression de DUX4 au niveau de son ARN messager. En juin 2026, Novartis a annoncé des résultats positifs dans la cohorte biomarqueurs de l’étude de phase 1/2 FORTITUDE. Les chercheurs ont notamment observé

  • Une diminution de KHDC1L, biomarqueur associé à l’activité de la voie DUX4
  • Une diminution de la créatine kinase (CK), utilisée comme marqueur de lésion musculaire

Ces résultats apportent un signal biologique encourageant et suggèrent que le traitement agit bien sur le mécanisme qu’il cherche à cibler. Mais un biomarqueur n’est pas un bénéfice clinique : il reste à démontrer que ces effets biologiques se traduisent par une préservation ou une amélioration de la force et des capacités fonctionnelles.

Sources : Novartis announces positive biomarker results for del-brax in FSHD, 11 juin 2026 ; étude FORTITUDE (NCT05747924).

DYNE-302 : la FDA autorise le premier essai chez l’être humain

Le 28 juillet 2026, la FDA américaine a autorisé Dyne Therapeutics à débuter un essai clinique de phase 1 avec DYNE-302. La FDA n’a pas « approuvé » DYNE-302 comme traitement de la FSHD. Elle a juste donné son feu vert de commencer son évaluation chez l’être humain.
DYNE-302 utilise un siRNA, un petit ARN conçu pour diminuer l’ARN messager de DUX4. Il est associé à la plateforme FORCE de Dyne, destinée à faciliter son acheminement vers les cellules musculaires. Le premier essai sera randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo. Les chercheurs étudieront notamment la sécurité et la tolérance du traitement, ainsi que son effet sur le transcriptome DUX4 et le biomarqueur sanguin KHDC1L. L’arrivée de DYNE-302 en clinique est une nouvelle illustration de la multiplication des stratégies visant directement DUX4.

Source : Dyne Therapeutics Announces U.S. FDA Clearance of Investigational New Drug Application for DYNE-302 for the Treatment of Facioscapulohumeral Muscular Dystrophy, 28 juillet 2026.

SRP-1001 : une autre approche anti-DUX4 déjà testée chez l’être humain

SRP-1001, anciennement appelé ARO-DUX4, constitue une autre stratégie utilisant l’interférence ARN pour réduire l’expression de DUX4. Les premières données humaines présentées en mars 2026 ont notamment apporté des informations sur la tolérance, l’exposition au médicament et sa distribution vers le muscle, avec de premiers signaux biologiques indiquant une activité sur la cible recherchée. L’étude de phase 1/2 se poursuit.

Avec EPI-321, del-brax, SRP-1001 et maintenant DYNE-302, plusieurs technologies différentes cherchent donc aujourd’hui à agir sur DUX4 ou son expression. C’est probablement l’un des changements les plus importants de ces dernières années dans la recherche FSHD : DUX4 n’est plus seulement une cible étudiée au laboratoire, il est désormais visé par plusieurs traitements expérimentaux chez l’être humain.

Sources : Sarepta Therapeutics, communication du 25 mars 2026 sur le programme clinique FSHD1 SRP-1001 ; ClinicalTrials.gov, étude de phase 1/2 de SRP-1001 (ex-ARO-DUX4).

La FSHD à début tardif semble constituer un profil particulier

Une étude internationale récemment publiée apporte également un nouvel éclairage sur les personnes dont la FSHD débute après 45 ans. Les chercheurs ont analysé les données de 231 personnes atteintes de FSHD1, dont 41 présentant un début tardif. Ils ont notamment observé chez ces patients

  • Une atteinte initiale moins importante du visage et des membres supérieurs
  • Une atteinte plus marquée des membres inférieurs
  • Une faiblesse des jambes plus souvent présente comme premier symptôme
  • Des répétitions D4Z4 résiduelles en moyenne plus longues

Ces résultats suggèrent que la FSHD à début tardif ne serait pas simplement une FSHD « classique » apparaissant plus tard, mais pourrait constituer un sous-groupe clinique distinct. Cette observation est importante pour mieux reconnaître ces formes de la maladie, mais aussi pour concevoir les futurs essais cliniques : tous les patients n’ont pas la même trajectoire ni les mêmes muscles atteints. Cette étude présente également un intérêt particulier pour notre communauté française puisqu’elle implique notamment des chercheurs du CHU de Nice et s’appuie sur les données de l’étude internationale d’histoire naturelle ReSolve.

Source scientifique : Late-onset facioscapulohumeral muscular dystrophy defines a distinct clinical subgroup, Neuromuscular Disorders, 2026. PubMed PMID 41861451.

Biomarqueurs et IRM : mieux mesurer pour mieux traiter

Une autre évolution, moins spectaculaire mais essentielle, concerne les outils permettant de mesurer l’activité de la FSHD et l’effet des traitements. Dans une maladie lente, asymétrique et très variable d’une personne à l’autre, détecter rapidement un effet thérapeutique est particulièrement difficile. Les biomarqueurs comme KHDC1L, la créatine kinase ou certains marqueurs issus de l’ADN libre circulant prennent donc une place croissante dans les essais. L’IRM quantitative progresse également.

Dans l’étude EPI-321, l’analyse d’IRM corps entier permet par exemple d’étudier individuellement un grand nombre de muscles et de mesurer précisément leur volume. Ces outils ne remplacent évidemment pas les critères fonctionnels : pour les patients, la question finale reste de savoir si un traitement permet de préserver la force, les mouvements et l’autonomie. Mais ils pourraient permettre aux chercheurs d’identifier beaucoup plus rapidement si une thérapie produit réellement un effet biologique.

Sources : Epicrispr Biotechnologies, données EPI-321 du 26 juin 2026 ; Novartis, résultats de la cohorte biomarqueurs FORTITUDE, 11 juin 2026 ; Dyne Therapeutics, programme clinique DYNE-302, 28 juillet 2026.

La recherche ne suit pas une seule piste : plusieurs chemins sont aujourd’hui explorés simultanément. Et c’est probablement l’une des évolutions les plus positives pour la communauté FSHD.

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