Pour les personnes touchées par une myopathie Facio-Scapulo-Humérale (FSHD), l’évolution de la maladie peut rendre les déplacements plus difficiles. L’usage d’un fauteuil roulant représente alors bien plus qu’une aide technique : c’est un outil d’autonomie, de participation sociale et de confort au quotidien.
Lors du dernier Jeudi FSHD, Élise DUPITIER, ergothérapeute conseil à l’AFM-Téléthon, a présenté un exposé clair et très complet pour aider chacun à comprendre comment choisir un fauteuil roulant réellement adapté à ses besoins. Si vous souhaitez [re]voir le replay, cliquez sur la vidéo
Le fauteuil roulant : un dispositif médical à part entière
Élise DUPITIER le rappelle dès l’introduction : un fauteuil roulant n’est pas un simple équipement d’aide à la mobilité. C’est un dispositif médical de classe I, conçu pour compenser une fonction motrice diminuée ou absente. Ce statut implique
- Des exigences de sécurité
- Une adaptation précise à chaque utilisateur
- Un processus d’évaluation indispensable
Le marché compte près de 700 modèles. Entre propulsion, châssis, assise, réglages et options, les configurations possibles sont très nombreuses. D’où la nécessité d’un accompagnement par des professionnels formés.
Les fauteuils roulants manuels
Ils représentent environ 80 % des utilisateurs et existent en plusieurs versions : autopropulsés (grandes roues avec mains courantes), poussés par un tiers, avec assistance motorisée (e-motion, SmartDrive, motorisations intégrées…). Les châssis peuvent être pliants, plus faciles à transporter ou bien rigides, offrant de meilleurs performances et une conduite plus fluide.
Les fauteuils roulants électriques
Lorsque la propulsion manuelle devient fatigante ou impossible, le fauteuil électrique constitue une aide précieuse. Il existe trois types principaux : propulsion arrière, stable et adaptée aux vitesses plus élevées, propulsion avant, bonne maniabilité extérieure, et propulsion médiane / 6 roues, excellente maniabilité intérieure. Les fauteuils électriques peuvent intégrer un lift, une bascule d’assise, un dossier inclinable, des repose-jambes, et une verticalisation partielle ou totale. Ces fonctions sont essentielles pour limiter les douleurs, prévenir les escarres et varier les points d’appui.
Pourquoi l’accompagnement professionnel est indispensable ?
Le choix d’un fauteuil roulant ne doit jamais se faire seul. Les professionnels à impliquer sont notamment le médecin MPR (médecine physique et de réadaptation), l’ergothérapeute, le distributeur de matériel médical, l’assistant-e social-e, le référent parcours santé AFM-Téléthon, l’orthoprothésiste (pour les assises moulées) et éventuellement le kinésithérapeute. Ces professionnels réalisent
- Une évaluation des capacités motrices
- Un bilan postural
- Une analyse des douleurs
- Une prise des mesures
- Des essais encadrés du matériel
Élise DUPITIER rappelle que certains fauteuils électriques lourds nécessitent un certificat d’aptitude à la conduite, souvent délivré en CHU, et comparable à un “permis fauteuil”.
Des essais désormais obligatoires
Depuis la réforme, les essais sont obligatoires et doivent durer au minimum 7 jours, en conditions réelles de vie. Il est essentiel de tester les manœuvres intérieures, les franchissements, les distances habituelles, les transferts et la fatigue d’usage. Les essais sont un gage de sécurité, de confort et d’adaptation réelle du matériel.
Une réforme du financement
La réforme annoncée pour le 1er décembre 2025 introduit des changements majeurs. Les principaux points de la réforme à prendre en considération sont
- Un seul financeur : l’Assurance maladie, qui prend désormais en charge la quasi-totalité des fauteuils
- Une mise en place de Prix limites de Vente (PLV) permettant un remboursement intégral
- Un délai de réponse réduit à 2 mois : au-delà, l’accord devient tacite
- Une introduction de la location longue ou courte durée, y compris pour les fauteuils électriques — une nouveauté importante !
- Une catégorisation en fauteuils modulaires et non modulaires avec des règles de prescription adaptées
Synthèse des questions/réponses

- Le carrossage est-il utile ?
Oui, il améliore la stabilité et la conduite des fauteuils manuels. - Faut-il un permis de conduire pour fauteuil électrique lourd ?
Il est parfois exigé dans certains CHU pour les fauteuils pesant plus de 150–180 kg.
- Quel est l’impact des prix limites de vente sur les modèles spécialisés ?
Incertitudes pour certains fauteuils très coûteux ; les fabricants finalisent leurs adaptations - Les fauteuils innovants type Lifebloom ou Gozine sont-ils remboursés ?
Actuellement non, sauf pour les achats institutionnels. Leur entrée dans la nomenclature dépend des fabricants. - Quelle est la règlementation des scooters de mobilité ?
L’usage doit rester prudent : vitesse adaptée sur trottoir, éclairage, sonnette, assurance responsabilité civile recommandée.
Bonjour,
Je ne pense pas qu’il existe des fauteuils de type fauteuil de bureau à mobilité électrique ?
C’est dommage car un fauteuil électrique « NORMAL » est très encombrant dans un bureau pas toujours très grand !